c’est une expérience assez étrange que le souvenir... Par exemple je me souviens très bien avoir lu un bouquin de Sollers, “La fête à Venise” une toile de Watteau ou plutôt l’idée d’une toile de Watteau masquée sous des effets littéraires garantis. Bref, je me souviens de cette “récréation italienne” alors que je voyageais en train, de nuit, en plein désert, et qu’un garçon des wagons-lits me servait du café chaud chaque fois que je manquais de m’endormir avant la fin des plus beaux paysages de la montagne persane. Je me souviens aussi d’un accrochage de Kiarostami sur les murs du musée d’art moderne et surtout d’un jardin public où il semblait qu’on jouait comme partout ailleurs à s’aimer où à se chamailler dans n’importe quel axe. Pour une photographie, c’est encore pire ! Vous regardez l’image de cette femme fumant son narguilé dans un bar exclusivement réservé aux hommes du quartier de la mosquée à Ispahan, et c’est d’une conversation à Paris dont vous vous souvenez .Quelques pas sous la pluie, l’air était étrange ce jour-là. Un je ne sais quoi de l’automne qui brouillait les pistes. on allait voir un film de Sam Mendes, “American beauty, une toile extra. De même que pour ce portrait d’un paquet de fils de fer enroulés sur eux-même devant le centre des archives photographiques iraniennes. Pourquoi cette image me fait penser à un discours de Roland Barthes ? Un chef d’oeuvre de la pensée moderne à propos de tout et surtout de nous-même. Des idées lovées dans le meilleur métal pour continuer longtemps de faire le tour de la question des sentiments amoureux et d’un tas de conséquences un peu tristes qui ne manquent jamais d’aller avec. Comme les mots, les images sont de charnières entre la réalité et l’autre logique du monde figuré. Les images posent des questions sur l’identité, l’origine de nos pensées. Elles révèlent la marque™ de nos souvenirs les plus clairs. Pour finir, j’avais bien rangé mon Leica™ dans sa boite d’origine en attendant qu’elle me rappelle sur mon téléphone portable. L’intérêt d’un objet aussi adapté au monde moderne, c’était justement qu’elle pouvait toujours essayer de me rappeler alors même que j’étais sûrement encore en train de photographier son souvenir perdu.

On se dit facilement beaucoup de choses quand on est loin de ses marques™... Et puis on oublie vite ! tout ce qu’on s’était promis, les meilleurs sentiments du monde. On pense à sa marque, à son image qu’il faut continuer d’entretenir. 






C’était au cours d’un reportage effectué en Iran pour arte/Metropolis. Quelques Photos prises avec un vieux Leica M6 au hasard du bruit du monde et du temps qui passe de l’autre côté de la terre. La marque™ et le modèle® de l’appareil ont toute leur importance dans ce contexte. Un bel outil, même vieux, un peu clinquant, avec une grande marque™ bien visible que tout le monde connaît, collé sur le capot. Je crois que c’est en général la seule manière d’être véritablement pris au sérieux par les gens comme il faut (le respect des marques™ et la stricte observation des appellations d’origine contrôlée). Une grande marque™... Le truc qui en jette carrément ! L’objet... avait servi en son temps au célèbre Cartier Bresson™ qui disait ne pas connaître grand chose de la technique qu’il employait pour travailler. “On règle là pour la lumière et puis là pour la vitesse... c’est à peu près  tout ce qu’il faut savoir pour faire un bon reportage” disait le photographe reporter.
Je me demandais ce que ce type aurait pu penser ou faire de cet outil aujourd’hui, de ce téléphone, de cet appareil multifonctions et portable, un mobile destiné en outre à s’appeler tout le temps, partout et du monde entier pour se dire un tas de banalités amoureuses. 

On a marché longtemps dans le désert, mon téléphone sous l’aile de mon vieux Leica™. On a marché doucement et mitraillé dans les souks, à Shiraz au milieu des fleurs ou à Téhéran jusqu’au Café de la gare. J’ai oublié pourquoi j’avais fait ça et qui m’accompagnait ce matin-là !

http://fr.wikipedia.org/wiki/Leicahttp://www.magnumphotos.com/Archive/C.aspx?VP=XSpecific_MAG.PhotographerDetail_VPage&l1=0&pid=2K7O3R14T1LX&nm=Henri%20Cartier%20-%20Bressonshapeimage_1_link_0shapeimage_1_link_1
Les reportages PHOTOMOBILES™
 
 
 
LES PHOTOMOBILES™ DE REPORTAGE IRAN
Ces images ont été réalisées en Iran l’hiver 2004/2005 en marge du tournage d’un reportage consacré à l’histoire de la photographie persane pour arte/Metropolis. Des images (dites “de reportage”) fabriquées sur place à l’aide d’un Leica™ M6, développées, tirées puis banc-titrées au retour à l’aide d’un simple téléphone portable. Le résultat se présente sous la forme d’une série d’images à la définition fortement dégradée (une substitution de la réalité par le procédé de l’altération) remplissant ainsi leur rôle dans le contexte de l’oeuvre Photomobile™. (La série comprend au total 27 PHOTOMOBILES™/JL GANTNER rassemblées dans une pochette de carton imprimé au format 12X12cm et présentées dans une boite de métal contenant à l’origine des pâtisseries vendues à Ispahan). Tous droits réservés  ©  JL Gantner 2007 LES PHOTOMOBILES™ DE REPORTAGE YOUGOSLAVIE 
Ces images proviennent d’un reportage réalisé dans l’ex Yougoslavie en 1992, puis banc-titrées au téléphone portable Les PHOTOMOBILES™ voyagent à partir de leur cadre d’origine, un cadre d’origine d’appellation contrôlée. Une image de marque, la marque de fabrique des PHOTOMOBILES™. Le travail peut prendre cette forme de “grand reportage” sur l’identité ou la notion d’origine. Un jeu de construction qui s’appuie sur cette ligne, ce cadre, qui démarque l'art de de l’information ou de la publicité... de la communication en général.
Tous droits réservés  ©  JL Gantner 2007
www.photomobiles.frhttp://www.photomobiles.frshapeimage_10_link_0
MESSAGE PHOTOMOBILES™ DE REPORTAGE EX U.R.S.S. Tous droits réservés  ©  JL Gantner 2007
Allo... je t’appelle d’Odessa, oui en Ukraine, au bord de la mer noire. On s’est fait un film, je te raconte pas ! Il faisait nuit, on nous a délogé de la bagnole à coups de flingues et de lampes torches. Oui, tout est vrai ! les flics et des mecs qui gueulaient plus fort que les chiens. On cherchait l’escalier pour faire des photos d’un décor de film, Потемкинская лестница, celui d’Eisenstein Броненосец Потёмкин Le “Potemkine” en français. Putain de soviets ! J’ai pissé derrière la bibliothèque néoclassique. Après on a pris la direction de la frontière moldave, sans visa, sans laissez passer, sans carte du parti communiste, sans rien... 

C’est à ce moment-là je crois qu’elle a raccroché.http://fr.wikipedia.org/wiki/Sergue%C3%AF_Eisensteinshapeimage_14_link_0
EXTRAIT DU CONTENU DE LA BOITE (DIPTYQUE)