Alors voilà, je commençais par là : “un accident”. L’accident, un enterrement et la naissance de “l’homonéon™” mon idole. Avais-je le choix ? mais j’y reviendrai plus tard.

Je complétais l’idée d’accident. En ce sens que Francis Bacon attendait beaucoup du principe d’imprévu comme cause majeure de production des images les plus réelles.  J’aimais beaucoup cette idée, vraiment beaucoup… et décidai de l’expérimenter sous la forme d’une matière photographique ultramoderne. La matière et un nouvel outil… J’expérimenterai cette matière produite accidentellement par l’intermédiaire d’un nouvel outil dédié tout entier à la communication. Un téléphone portable (un mobile)… Oui, voilà, je commençais à tenir mon mobile : L’homonéon™, quelque chose de brillant qui s’exprime beaucoup mieux dans le noir (la définition même de la photographie). L’homonéon™, photographe, ou son image. L’homonéon™, aventurier du temps, explorateur d’espace…figé par le temps. Un type sensible qui brille dans le noir, et qui n’ose pas toujours parler au téléphone. L’homonéon™, un type branché, raccordé au secteur, un type au courant quoi !
















Je commençais par là donc ! un accident (comprenez-le comme vous voudrez ?) puis un enterrement. Cela va de soi, y compris et surtout après un accident de la route. Un accident de parcours (La quarantaine par exemple… un virage un peu serré après une belle ligne droite). Un enterrement, de longs travaux de terrassement et la naissance d’une image épurée de lui-même à la fin. La naissance d’une idole, mon idole… L’homonéon™, une idole, mon idole… l’idole de moi-même. Le côté narcissique de l’image (de sa propre image). “Moi” en mieux, moi en plus vivable, enfin fiable.

L’homonéon™ pris en plein star system… prêt à tout et n’importe quoi pour tenter d’exister vraiment. L’homonéon™, enfin reconnu pour ses véritables qualités, sa valeur intrinsèque. Le côté “brillant” de l’homme aux néons, et son ombre claire.

L’homonéon™ : une idole PHOTOMOBILISÉE pour ne plus se laisser faire. Tout un dispositif en forme de crypte (une caverne). Une machine sophistiquée pour se battre dans l’ère nouvelle des images superposées à l’infini de leur déclin annoncé.

D’abord un cadre pour “voir”. “C’est à voir” s’exclame l’homonéon™ avec son beau cadre sous le bras. “Ne doutez plus, ne cherchez pas ailleurs, ne perdez pas votre temps à aller plus loin. Tout est dans le cadre, je ne cache rien”.
L’homonéon™ a tout prévu, il est prévoyant. Un excellent conducteur. L’homonéon™ conduit les forces invisibles et triomphe de la mort. Mon idole est une statue grecque, un antique kouros / koloss… une figure de substitut humain, une image initiatique, un moyen de divination, une arme de défense massive... L’homonéon™ est un moyen de survie.

Un cadre donc ! et pour commencer (l’homonéon™ avait besoin de continuer sa route, d’avoir l’asphalte droit devant lui, bien tracé pour appuyer à fond sur la pédale d’accélérateur). Un cadre… flanqué d’un logotype (en réalité un pictogramme) pour identifier sa démarche, sa façon de marcher, sa façon de rouler. Une marque de fabrique, une enseigne à l’entrée du magasin.
 
OUI              
 
L’HISTOIRE DE “L’HOMONÉON™


“C’est un constat banal que l’art naît funéraire.
Les céramistes athéniens représentaient parfois la naissance de l’image sous les espèces d’un guerrier miniature qui se dégage de la tombe d’un guerrier mort au combat, la plus belle des morts. L’image atteste alors le triomphe de la vie, mais un triomphe conquis sur, et mérité par, la mort”.

Ce fut le sens de l’image archaïque, l’image… comme vivant de bonne qualité, inoxydable, enfin fiable. L’image qui figurait, qui transfigurait.

Oui, la mort en ce sens tardif qu’elle est un passage, un voyage ou une renaissance… fut d’abord une image. Oui, au commencement était l’image. Une première possibilité de deuil.

“Nous opposons à la décomposition de la mort la recomposition par l’image” écrit Régis Debray. Une preuve de vouloir-vivre de l’espèce HOMO (hominidé).

La tranquillité des vivants ne dépend-elle pas du repos des morts ? NÉON™
L’enterrement (ou la naissance d’une idole) / TRIPTYQUE.
GENÈSE DU TRAVAIL : L’HOMONÉON™ 

Je pensais aussi à Bergson… au prolongement de l’instinct par la figuration. “Une réaction définitive de la nature contre la représentation par l’intelligence de l’inévitabilité de la mort”.
Je pensais : une bonne définition de la névrose : la défense naturelle de l’esprit par la force spectaculaire du corps qui s’exprime pour survivre.
 
NON
 
 
( OU LA GENÈSE DU PROCÉDÉ PHOTOMOBILES ) Les photomobiles®… ou en résumé : un dispositif photoconducteur de conversations picturales en langage binaire. (Une machinerie de la vision conduite par une idole post-moderne). Des « oui » et des « non »… OUI/NON à l’infini des possibilités du système, jusqu’à ce qu’il se produise un ACCIDENT. L’HOMONÉON EST REPRÉSENTÉ ICI DANS SA PÉRIODE BLEUE.
 
Tous droits réservés  ©  JL Gantner 2007